PARLONS SAISONS ! Édition printemps été 2026/ n°29

Un florilège de couleurs

A Vignacourt près d’Amiens, au retour des beaux jours, des milliers de fleurs éclosent sous les serres d’Hortipassion. Carole Wiel-Rouvillain vous accueille dans ce paradis chatoyant. Pour le plus grand plaisir des yeux. Mais pas que…

METTRE LES SENS EN ÉVEIL

Certains souvenirs d’enfance ne flétrissent jamais. Lorsqu’elle avait dix, douze ans tout au plus,Carole allait avec ses soeurs sous la petite serre blottie derrière le potager. Pas pour jouer à cache-cache mais pour « aider ma mère à planter les semis d’oeillets d’Inde et d’ageratums. » A maturité, ces derniers explosent d’un bleu pervenche. Une pure merveille. C’est à la famille Wiel-Rouvillain qu’on doit la notion de fleur généalogique. « Je tiens cette passion de ma propre mère Bertha », souligne Francine, l’alerte maman de Carole qui se rend toujours sous la verrière des premiers jours pour empoter cosmos et autres reines marguerites. De là, elle a une vue imprenable sur l’immense jardin d’hiver qui a pris racine au fond de la ferme familiale de Vignacourt.

A l’approche des beaux jours, des milliers de pots alignés au cordeau vous y attendent. « Passez une feuille de tagète entre vos doigts. Ils vont se parfumer d’une odeur passion », garantit Carole. L’expérience olfactive se poursuit avec un rungia klossii. Une étonnante plante herbacée qui exhale un appétissant arôme champignon. Puis vient le coleus aux contours très graphiques, l’estragon du Mexique, la sauge ananas. « L’horticulture sollicite tous les sens. Ce qu’on voit n’est que la partie émergée. »

COUP DE POUSSE

Carole Wiel-Rouvillain n’était pas partie pour devenir horticultrice. Technicienne de laboratoire dans l’industrie laitière, l’ex-bactériologue a été
rattrapée par l’envie irrépressible de « mettre les mains dans la terre, de créer mon entreprise et de transmettre ma passion des fleurs. » Ainsi est née Hortipassion. Nous sommes à l’aube des années 2000. Sa jeune entreprise vient d’obtenir l'agrément Bienvenue à la ferme. Bégonias et géraniums vivent leur âge d’or. Mais comme le note Carole, « dans la profession, une mode en chasse une autre sans crier gare. » Aujourd’hui, les stars s’appellent delosperma, marguerite du Cap ou dipladenia. Feuillage brillant, floraison généreuse, cette dernière « n’a quasiment pas besoin d’être arrosée. » Un conseil parmi d’autres. « La fleur est un être vivant. Il faut prendre en compte ses spécificités, éviter les achats à l’emporte-pièce. » Grâce à Carole, on prépare le terreau… Les impatiences apprécient l’ombre, les bacopa ont tendance à devenir envahissants, les pensées détestent les pucerons. L’ultime recommandation est d’attendre les Saints de glace avant de planter quoi que ce soit. Si vous n’avez ni jardin ni balcon, vous pouvez toujours admirer les fleurs d’Hortipassion s’épanouir dans les jardinières de Saint-Valery-sur-Somme, de Picquigny, de Boves et bien entendu de Vignacourt.

Texte : Joffrey Levalleux

Photos et vidéo : Imagiterre/Frédéric Roumegère

Fleurs à croquer

« Je viens acheter des fleurs car je n’arrive pas à ouvrir mes huîtres. » La démarche est cocasse. Le client sûr de son fait. A sa grande surprise, Carole découvre que quelques pétales de mertensia déposées sur une tranche de pain font le job. Intriguée, elle se plonge alors dans l’ouvrage d’Alice Caron-Lambert Délices de fleurs et découvre l’univers des fleurs comestibles. « Le dahlia a un petit goût de noisette. Le côté acidulé et croquant du bégonia réhausse une salade pomme/ concombre. » Depuis, elle propose des ateliersgoûters à base de fleurs dans les étables rénovées. Beignets à la capucine, madeleine au géranium, gâteau au coquelicot. A déguster avec ? Un hydrolat de géranium rosat maison bien entendu. Et là, ce sont les bambins et leurs parents qui sont
cueillis !

Hortipassion

12, rue Godard Dubuc – 80 650 Vignacourt
Tél. : 06 84 10 07 01
Ouvert du lundi au jeudi, de 9 h à 12 h 30 et de 14 h à 18 h 30,
le vendredi et le samedi de 15 h à 19 h.
Facebook Hortipassion

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