De l’étable à l’étal
Tournedos, jarrets, crépinettes, rôtis, boudins ou saucissons fumés… À la Ferme de Moyen Pont, la gamme est aussi généreuse que locale. Éleveur et boucher, Louis transforme lui-même toute sa production. Un véritable couteau picard.
« Quand je vois mes cochons le groin dans la paille, je suis heureux. » Chez Louis Charlet, tout commence là : dans des bâtiments ouverts où les porcs grandissent sur litière paillée, au rythme des saisons.
Installé en 2019 sur la ferme familiale, reprise après son père et son grand-père, il a choisi une voie à contre-courant : relancer l’élevage de viandes blanches dans une région de grandes cultures, et surtout, tout valoriser lui-même. Un pari audacieux qui fonctionne. « C’est un retour aux sources, comme le résume souvent mon père : votre génération remet au goût du jour ce que faisaient vos grands-parents. » En permanence, environ 80 porcs et près de 500 volailles, sont nourris avec les céréales de la ferme. Pour ses trois ventes par mois, Louis transforme environ cinq cochons, soit près de 400 kg de viande, auxquels s’ajoutent 60 à 80 volailles. « C’est une petite boucherie à moi tout seul », sourit-il.
UNE BOUCHERIE À LA FERME
Du mercredi au vendredi, Louis enfile sa casquette de boucher, un savoir-faire acquis lors de son CAP. Il découpe et transforme toutes ses carcasses : saucisses de Toulouse, crépinettes, rôtis, tournedos, jarrets, filets… sans oublier boudins, chipolatas ou saucissons fumés au bois de hêtre. « Tout est fait maison, avec du sel, du poivre, de la muscade. Pas d’additifs. » Cette exigence se retrouve dans l’organisation : ici, tout fonctionne sur commande. Les clients réservent une semaine à l’avance, et viennent retirer leur colis le vendredi soir ou le samedi matin. « Quand il n’y en a plus, il n’y en a plus. Au moins, il n’y a pas de gaspillage. » Au-delà des produits, c’est une relation qui se tisse : certains clients n’hésitent pas à faire 45 minutes de route pour venir chercher leur commande. « Ils retrouvent des saveurs d’antan. Et puis, ça recrée du lien. » Bientôt, la gamme s’élargira à la viande rouge, avec un élevage de Blondes d’Aquitaine. Une évolution naturelle pour cet agriculteur qui revendique « le bon sens » : maîtriser toute la chaîne, sans jamais perdre de vue l’essentiel, des animaux bien élevés, « parce que bien manger c’est le début du bonheur ».
Texte : Claire Decraene
Ferme de Moyen Pont
34 rue de Tincourt, 80240 Tincourt-Boucly
fermedemoyenpont@gmail.com
Facebook : fermemoyenpont
3 ventes par mois, uniquement le vendredi soir et le
samedi matin, à la ferme, réservations : 06 29 62 50 40.







